17 septembre 2007
Imprimer son livre pour démarcher les éditeurs?
Voici une question très intéressante et voici une réponse trouvée ici: http://marcautret.free.fr/autret/150q/imprimer.php
D'après un livre écrit par Marc Autret: "150 questions sur l'édition" aux éditions L'Oie PLate. http://marcautret.free.fr/autret/150q/index.php
« Après plusieurs refus chez les “gros” éditeurs, j’envisage de faire imprimer mon livre moi-même à quelques dizaines d’exemplaires. Il me servirait ainsi d’outil de prospection. Pensez-vous que ce soit une bonne façon de procéder ? » (Jacques-François D. — 21.05.06)
L’imprimuscrit comme outil de démarchage des maisons d’édition constitue depuis deux ou trois ans un sérieux rival du tapuscrit. Je ne saurais dire si cette nouvelle tendance est « payante » en termes de débouchés contractuels, mais il est certain qu’elle s’installe dans les usages. Ainsi pouvait-on croiser, dans les travées du dernier Salon du livre de Paris, un nombre splendide de would be écrivains harnachés de musettes compactes et battant les stands à l’artillerie lourde.
Le manuscrit imprimé, relié, ISBNé, dépôt-légalisé, est un livre à part entière, c’est-à-dire un produit fini. On peut imaginer que ce caractère « formellement achevé » plaide sa cause aux yeux d’un éditeur potentiel. Dans un monde dominé par l’urgence (...et le turn-over !), le bon vieux tapuscrit à spirales et double interligne paraît bien mal saboté pour la course.
Accessoirement, la force sanctifiante de l’imprimé libère l’auteur de son fardeau. Ne serait-il produit qu’en un seul exemplaire, son premier « vrai » livre lui permet souvent de tourner la page, de passer à la suite, ou à autre chose...Même s’il présente quelques risques diplomatiques du fait qu’il surexprime l’autosatisfaction de l’auteur, l’imprimuscrit possède l’atout majeur de matérialiser un projet abouti. L’éditeur n’a pas à soupeser un matériau brut pour se l’imaginer en livre : le livre est déjà là, calibré, titré, préfacé, sommarisé, avec la bio et la trombine de l’auteur en quatrième, le prière d’insérer et l’appareil promotionnel.
Et puis l’imprimuscrit ouvre des perspectives : accès aux journalistes, campagne de « sensibilisation » sur votre blog, promotion anticipée dont le retentissement, s’il est audible, ne laissera jamais insensible l’éditeur démarché...
Revers du Blason:
Inconvénient : l’atout du produit fini est à double tranchant ! Si l’auteur-éditeur a raté son « simulacre », s’il n’a pas su œuvrer en professionnel du livre, si la couv est fade, le sous-titre mou, l’argumentaire vaseux, la mise en page arbitraire... l’effet se retourne contre lui. Quand un tapuscrit traditionnel n’aurait demandé qu’à être lu, pesé, maturé et même retravaillé, l’imprimuscrit s’impose à la vue... et se voit donc jugé sur pièces. En toute hypothèse, il accélère le processus de décision de l’éditeur, vers un verdict sans appel.
Au risque de supplanter La Palice, je réserverais donc la stratégie de l’imprimuscrit aux auteurs qui savent réellement faire des livres, ou les faire faire (PAO, ortho-typographie, réalisation de la couverture, format, impression) et qui trouveront l’énergie de défendre leur « produit », physiquement, sur les salons, sur le Net, dans les médias. En somme, le parcours et les compétences de l’autoédition, mais sans la composante « facturation et fisc ».
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