06 février 2008
Voilà l'histoire de Dieu Merci
Quand un album puise son coeur et son ventre dans la vie elle-même !
Je cite intégralement la newsletter que j'ai reçu de l'auteur Thierry Lenain.
Juin 2006 - Au début il y a sa vie, et puis un texte…
… le texte du témoignage de Dieu Merci que j'avais pris en notes puis rédigé, et qu'il avait ensuite corrigé. On avait ajouté la photo de sa fille, et fait de tout ça un tract. J'avais convaincu Dieu Merci qu'à quelques jours de son expulsion programmée, il fallait que les gens sachent l'histoire qui l'avait amené parmi nous. Peut-être ainsi comprendraient-ils pourquoi Dieu Merci et sa famille voulaient rester. Peut-être les soutiendraient-ils. David s'est chargé de faire photocopier le tract, le Comité de soutien l'a distribrué sur les marchés, sur les places, aux carrefours. Ç'a été ça, la première diffusion de Moi, Dieu Merci, qui vis ici.
Septembre 2006 - Dieu Merci a finalement obtenu des papiers. Papiers provisoires, à renouveler en attestant toujours d'un nouveau ceci, d'un nouveau cela… Alors j'ai voulu lui en octroyer d'autres, de ceux qu'on ne délivre pas à un guichet. Et puis… Ce témoignage qui avait fini dans la rue, au prix d'une pudeur qu'il avait fallu bafouer, j'ai voulu ne pas l'y laisser, le récupérer, le hisser dans un livre. J'ai voulu, après l'avoir retranscrit, l'écrire, puisqu'il paraît que c'est ce dont je suis parfois capable.
Octobre 2006 - Il y eut l'accord immédiat d'Olivier Balez. Notre compagnonnage continuait. Très vite, la première image, spontanée : Dieu Merci au fond de sa prison, soutenu par l'esprit de son grand-père. Dieu Merci, qui la vit, murmura, lui qui n'avait jamais rencontré Olivier : “C'était comme ça… exactement comme ça…». C'est ça, la profondeur de coeur d'Olivier, sa puissance d'illustrateur. Lorsqu'elles reçurent le projet chez Albin Michel, Lucette Savier et Marion Jablonski décidèrent aussitôt de l'éditer. Tout au long de la réalisation de l'album, leur soutien n'allait jamais faillir.
Premier semestre 2007 - Olivier se documente, cherche, essaie, discute, recommence… Il a le temps. Vu la thématique, la meilleure stratégie semble de ne pas sortir l'album à la fin de l'année… Deuxième semestre 2007 - On eut même le temps de ne pas parvenir à se mettre tous d'accord sur ce qui serait la meilleure couverture…
1er février 2008 - Voilà. Moi, Dieu Merci, qui vis ici est dorénavant chez les libraires
De lui, Ariane Tapinos, de la librairie Comptines de Bordeaux, dit :
«C'est l'histoire de Dieu Merci, un Angolais qui a fuit la guerre et son « pays prison » où chaque visage pouvait être celui de son bourreau. C'est l'histoire de Dieu Merci qui est arrivé ici, en France, sans papiers, sans rien ni personne. C'est l'histoire de Dieu Merci qui a secouru une vieille femme seule et trouvé un nouveau foyer. C'est l'histoire, enfin, de Dieu Merci, vivant, ici… Voilà une littérature jeunesse comme on l'aime, celle qui prend parti, qui affiche la couleur, qui s'inscrit dans le bruit du monde et donne à penser aux enfants et aux grands. La conviction et l'engagement de ses auteurs sont manifestes. Le texte de Thierry Lenain est comme porté par son sujet. Il est à lire à haute voix pour entendre la révolte et l'espoir. Les images d'Oliviez Balez sont lumineuses et elles ont aussi quelque chose d'implacables, comme celle sur laquelle se referme le livre : Dieu Merci qui regarde le lecteur et semble l'interpeller, l'inviter à prendre ses responsabilités. Un splendide album sur l'immigration, sur la fraternité aussi.»
Merci de faire vivre ce livre.
Thierry Lenain
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