26 mai 2008
Entretiens de l'Ensad
Qu’est-ce qui est important dans un projet d’édition ?
Pascale Estellon : l’image avant tout ! avec juste un « ton » de texte…
Anne Weiss : la conception graphique, comment s’articule l’image avec le projet. C’est avant tout un esprit. On regarde la personnalité de celui qui a fait le projet.
Réagissez-vous ainsi parce que vous êtes aussi auteurs ?
Anne Weiss : on plaque un texte sur une image, jamais le contraire.
Que souhaitez-vous recevoir comme dossiers ?
Anne Weiss : évidemment, nous préférons des projets complets, ne comportant pas juste une image. Mais nous voyons peu de projets complets.
Pascale Estellon : si nous sentons quelque chose, nous essayons d’aller plus loin, même s’il faut retravailler le projet de départ.
Anne Weiss : nous voyons deux types de projets : des illustrations dénotant beaucoup de personnali-té, mais pas abouties. Et puis des projets finis, mais plus banals. Nous préférons le premier cas ! Il faut savoir être flexible. Et puis, nous aimons beaucoup voir les croquis préparatoires. Si le projet est vraiment très différent de ce que nous faisons, nous essayons d’orienter vers d’autres maisons. Sauf si l’illustrateur est partant pour modifier son projet. Ou alors, nous essayons de le faire entrer dans un album : même lorsqu’il s’agit de documentaires, nous veillons à apporter des esprits, des styles différents, c’est plus intéressant. Nous sommes un mauvais exemple : nous prenons 4 à 5 illustrateurs par an ! Nous sommes une petite structure : nous faisons tout.
Pensez-vous que les deux métiers – éditeur et illustrateur – soient conciliables ?
Anne Weiss : c’est atypique. Nous sommes passées par beaucoup de phases.
Pascale Estellon : je n’aimerai pas n’être qu’éditeur. Il est plus agréable d’être les deux. D’abord, parce qu’ainsi, on rencontre des gens. L’illustrateur est très isolé, ce qui n’est pas notre cas grâce à cette structure, cela nous permet d’évoluer. Nous aimons aussi les rapports directs avec les imprimeurs. Un des secrets de notre métier, c’est qu’on ne sente pas le travail qu’il y a derrière un livre.
Où en est selon vous le livre d’enfant en France ?
Catherine Chaplault : il connaît un nouvelle phase.
Anne Weiss : depuis quelques années, il n’y a plus de grande personnalité marquante. En revanche, l’édition française a un excellent niveau.
À quoi tient cette qualité ?
- Peut-être au fait qu’en France, les contraintes du marché sont moins fortes.
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