25 octobre 2008
Carte Blanche à Loïc Jacob et Chun-Liang YEH

Votre nom et le nom de votre maison d’édition ? Loïc JACOB & Chun-Liang YEH. Le nom de notre maison d’édition est HongFei Cultures.
En quelques mots décrivez-nous votre parcours professionnel ? Nos deux parcours professionnels sont différents. Chun-Liang YEH est né à Taiwan où il a suivi un double cursus universitaire en science physique et en littérature anglaise. Puis il est venu en France poursuivre ses études d’architecture. Devenu architecte, il a d’abord travaillé au sein d’une agence parisienne. Après quoi il a eu l’opportunité de faire des livres d’architecture et de design pour un éditeur chinois. Pour ma part, après de longues études de droit et d’histoire du droit, j’ai d’abord été enseignant-chercheur dans le supérieur puis ai occupé un poste de directeur des études dans un établissement d’enseignement supérieur privé.
Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir devenir éditeur ? Nous avions, depuis quelques temps, l’envie et l’idée de monter un projet culturel. Notre double culture littéraire sino-française, l’expérience professionnelle de Chun-Liang, et ma sensibilité aux images en tant que chercheur nous ont conduits assez naturellement à envisager une activité d’éditeur de textes illustrés. Le secteur jeunesse étant particulièrement propice à cette mise en relation du texte et de l’image, nous l’avons choisi pour engager notre activité.
Par ailleurs, notre entreprise commune a une signification toute particulière pour Chun-Liang : vivant en France depuis 16 ans, il reste très attaché à son île d’origine Taiwan où vit sa famille. Devenir éditeur et travailler en autonomie, en France, autour et pour des textes d’auteurs chinois, signifie pour lui renouer de manière concrète avec ses racines, pour mieux s’épanouir en France.
Depuis quelle année existe votre entreprise ? HongFei Cultures a eu 1 an le 1er octobre 2008.
Comment est née votre maison d’édition ? Nous y avons, bien entendu, travaillé en amont. En particulier, nous l’avons préparé avec de multiples visites dans les salons du livre, de Pékin à Taipei en passant par Francfort et Londres. Ayant progressivement défini le type d’ouvrages sur lesquels travailler (textes illustrés en rapport avec la Chine, pour un jeune public en France), nous avions un temps envisager d’entrer dans le métier comme agent de droits étrangers, avant de décider de produire des titres originaux par nous-mêmes. Les premiers projets " texte d’un auteur chinois illustré par un artiste français " ont été esquissés au printemps 2007. La collaboration avec un diffuseur/distributeur s’est conclue à la même époque, sur projet. Six mois plus tard, la maison était officiellement créée, en même temps que paraissaient ses trois premiers albums.

Je dois préciser, par ailleurs, même si cela concerne moins les lecteurs, qu’une intention et un savoir faire professionnels, y compris dans le secteur culturel, ou peut-être surtout là, ne garantissent pas seuls le succès d’une entreprise. Il nous a aussi fallu apprendre et comprendre ce qu’est une entreprise (on parle ici de marché, de comptabilité, d’exportation, de règles juridiques spécifiques, etc.). Et nous avons bénéficié, pour cela, de l’accompagnement d’une structure très compétente : une couveuse régionale d’entreprises, le GEAI (Groupement d’Entrepreneurs Accompagnés Individuellement). Il s’agit d’un dispositif qui permet au porteur de projet de tester son activité avec une prise de risque minimale à son commencement. Nous lui sommes reconnaissants de la qualité de son travail et la recommandons chaleureusement.
Que signifie le nom de votre maison d’édition ? Est-il en rapport avec votre ligne éditoriale ? HongFei Cultures est un nom qui marque la double origine des deux fondateurs de la maison et leur intention éditoriale. HongFei signifie, en chinois, " grand oiseau en vol ". Ce très beau mot est tiré d’un poème de SU Dongpo. Ce poète chinois du XIe siècle y compare la vie à un grand oiseau en vol qui ne s’attache pas aux empreintes qu’il dépose sur la neige.
A quoi comparerais-je la vie flottante d’ici-bas ?
A un grand oiseau en vol effleurant la terre enneigée.
L’oiseau s’envole à l’est, à l’ouest, à sa guise
Sans s’attacher à ses empreintes fortuites

Quant au mot " Cultures ", avec son pluriel, il signale la part française de l’entreprise et inscrit dans notre nom le principe fondateur d’une rencontre des cultures. En respectant la sensibilité des lecteurs français, nous pouvons espérer faire naître la joie d’une rencontre avec une culture " autre ", en l’occurrence chinoise.
En quelques mots, comment décririez-vous l’univers de votre maison d’édition ?
Un univers chinois pour enfants… et tous ceux qui ont été un enfant.

Nous y façonnons la rencontre entre un texte d’auteur chinois, souvent traduit pour la première fois, et un artiste français. Nous y invitons le lecteur à la découverte d’une littérature chinoise accessible aux enfants, en marchant dans les pas d’un illustrateur dont la sensibilité et la créativité rendent palpable une " expérience " de ce texte, dans un rythme caractéristique de la littérature chinoise.
Combien de personnes participent à cette aventure ? Nous sommes deux fondateurs éditeurs, Chun-Liang YEH étant aussi par ailleurs notre traducteur. Travaillent avec nous auteurs, illustrateurs, relecteurs, graphistes ; en tout, jusqu’à ce jour, quelques quinze personnes de très belle qualité. Nous n’oublions pas qu’un diffuseur, CEDIF et un distributeur, DAUDIN Distribution, nous ont accordé leur confiance dès le début de notre activité et s’engagent avec nous pour convaincre les libraires de donner leur chance à nos livres. Enfin, notre jeune vie compte aussi avec les rencontres et les soutiens trouvés auprès de libraires, de bibliothécaires, d’enseignants, de journalistes, de rédacteurs de blog qui nous ouvrent très sympathiquement leur porte.
Comment commercialisiez-vous vos ouvrages ? Comme je l’indiquai précédemment, un diffuseur et un distributeur nous accompagnent depuis le premier jour. Ils accomplissent le gros travail de commercialisation auprès des librairies. Les lecteurs peuvent ainsi trouver ou faire commander nos livres dans de nombreuses librairies en France, ou bien les acheter via l’internet. Des contacts en vue d’une diffusion en Belgique et au Canada sont actuellement en cours.
Parallèlement à ces efforts de commercialisation, nous comme éditeurs demeurons très actifs pour la promotion de nos publications, en privilégiant les " moments de rencontre " avec le public dans les salons du livre et sur l’internet. La présence de nos titres sur les différents salons du livre est essentielle. Elle passe parfois par une présence physique des éditeurs ou d’autres fois par une représentation. Et puis nous menons des opérations de communication postale et électronique. Notre site dont le nombre de visiteurs va croissant assure une part importante de notre visibilité. Nous organisons aussi une présence sur des sites Web de réseaux sociaux comme Facebook.
Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ? Il y a plusieurs niveaux de réponses possibles à cette question. Pour nous, " vendre " un livre signifie d’abord offrir une " possibilité de rencontres " à un lecteur désireux de découvertes, pour lui ou pour ses proches. Ce lecteur mérite qu’on le respecte et nous le faisons en lui proposant un partage d’expériences, en toute sincérité et dans la beauté.

Il va sans dire que pour séduire, un livre doit être beau et son design doit être soigné. Mais cela ne suffit pas. Nous n’avons pas de formule magique pour faire des livres " best-sellers " ; nous faisons simplement en sorte que nos livres " parlent " aussi directement et intimement que possible à chaque lecteur qui l’aura tenu dans la main, qu’ils soient un ami que le lecteur croise sur son chemin, émerveillé.
Nous sommes particulièrement sensibles et attachés à ce contact avec le lecteur justement parce que nous publions des textes chinois venant d’une tradition littéraire très importante mais peu familière en France. En effet, notre expérience, même récente, nous montre qu’un enfant français peut lire et apprécier nos albums avec beaucoup de spontanéité et de réactivité et être réceptif à la beauté et à l’humanisme universel qui y sont présents. Les prescripteurs (le libraire, le journaliste spécialisé, le parent) lisent nos albums avec leurs propres références culturelles, ce qui donne un résultat parfois amusant et souvent stimulant.

En tous les cas, notre manière de faire un livre qui se " vend " est de le faire avec authenticité et cohérence. Nous voulons d’abord être fidèles à nous-mêmes, à nos propres exigences, pour mieux inviter les lecteurs dans la quête d’un soi meilleur, ensemble.
Comment avez-vous rencontré les illustrateurs avec qui vous avez travaillé ? Dans un premier temps, nous nous sommes tournés vers une association : " La Maison des illustrateurs ". Nos recherches ont été fructueuses puisque c’est par ce biais que nous avons trouvé trois de nos premiers illustrateurs : Thomas NYS d’abord puis Delphine BODET et Mélusine THIRY. Par la suite, bien sûr, les rencontres se sont faites sur d’autres modes (salons, envois de book, visite de blog d’illustrateur, etc.).

Un principe simple guide notre regard dans le monde foisonnant de l’illustration française : que le projet d’illustration avec HongFei Cultures participe à l’épanouissement personnel et professionnel de l’artiste qui s’y engage. C’est souvent le sentiment qu’une rencontre est possible entre tel récit et tel artiste qui nous pousse à frapper à la porte de celui-ci pour lui proposer une collaboration. Toutes les propositions ne connaissent pas une suite positive, mais nous avons à cœur que les rencontres soient toujours source d’une belle satisfaction, pour l’artiste comme pour nous.
Racontez-nous comment se déroulent vos relations avec les auteurs/illustrateurs. Que ce soit avec les auteurs ou les illustrateurs, nos relations sont construites sur une base simple : créer un ouvrage dont la valeur dépasse la somme de nos contributions individuelles.
Schématiquement, pour chaque projet, le travail avec nos collaborateurs se concrétise en trois phases : la prise de contact, la conception et réalisation du projet, et enfin l’accompagnement de l’ouvrage publié. Tandis que je suis très impliqué dans les deux phases amont et aval en tant que coordinateur, Chun-Liang est " maître ", pour ainsi dire, de la phase médiane de la création proprement dite.

Cette répartition des rôles s’est mise en place naturellement peu après le démarrage de nos premiers projets. Plusieurs facteurs favorisent cette pratique : ma proximité culturelle et affective avec la sensibilité des lecteurs français me destine prioritairement à créer les conditions d’un environnement propice à la naissance d’un ouvrage ; Chun-Liang, lui, a dans ses bagages deux atouts pour mener à bien le travail d’un éditeur-démiurge : sa pratique d’architecte et sa double culture sino-française. Etre architecte, c’est être capable de visualiser un état futur du projet, partager cette vision avec une équipe qui, sous son impulsion, agit de concert pour qu’elle devienne réalité. La culture chinoise de Chun-Liang, quant à elle, le rend particulièrement attentif au " potentiel " de chaque projet, comme au " potentiel " d’épanouissement de chaque artiste et lecteur.
C’est dans ce contexte que nous produisons, à l’intention de nos collaborateurs comme de nous-mêmes, un document essentiel appelé " cahier des charges " établi au début de chaque projet et destiné à guider un élan commun de création. De cette manière, nous fournissons des " balises " pour une lecture active du texte par l’artiste ; à celui-ci, ensuite, de prendre son envol dans le vaste ciel qui lui est offert. Tandis que les balises assurent une lecture juste et riche du texte (de culture chinoise, rappelons-le) par l’artiste dont la création permettra qu’il joue un rôle d’éclaireur pour les lecteurs, le vaste ciel est absolument indispensable à ce que l’imaginaire de l’artiste se déploie en toute liberté : c’est à cette liberté-là que nous invitons nos lecteurs.
Comment choisissez-vous les projets que vous allez éditer ? Actuellement c’est nous-mêmes qui formulons les projets d’édition regroupés dans des collections destinées aux lecteurs d’âges différents, de 3 à 12 ans. Avec notre installation progressive dans le paysage de l’édition française, nous espérons être en mesure d’accueillir des propositions de projets qui enrichiront notre démarche interculturelle.

Les textes que nous publions sont des textes d’auteur porteurs d’intentions littéraires. Ce choix justifie aussi notre démarche d’une traduction fidèle pour que la qualité littéraire parvienne jusqu’aux lecteurs français. Tous les textes sélectionnés n’ont pas été écrits spécifiquement pour enfants ; ceci parce que jusqu’à la première moitié du vingtième siècle, la Chine ne produisait pas de " littérature pour enfants ". Elle produisait des textes de grande qualité (et souvent d’une simplicité émouvante) pour tous, les enfants n’étant pas distingués des autres lecteurs. En présence de ce corpus, notre travail d’éditeur consiste alors à opérer une sélection de textes à porter à la connaissance de lecteurs français, selon une logique cohérente de collections.
Nous avons créé deux collections pour HongFei Cultures : " Belle Île Formosa " présentant les œuvres d’auteurs chinois de Taiwan, et " Cœur vaillant " qui amuse les petits lecteurs et cultive leur rapport aux autres (en particuliers à leurs parents) avec des contes minuscules résultant d’une relecture contemporaine de classiques chinois. Une troisième collection verra le jour au printemps 2009.
Le sens de ces collections, selon nous, est de forger " une clé " de compréhension que nous confions aux lecteurs français, pour leur approche de l’immense corpus littéraire chinois (et au-delà, de la culture chinoise). Nous n’avons pas la prétention d’apprendre la littérature chinoise de manière exhaustive au public français, mais nous serons heureux si le lecteur trouve dans nos publications des clés d’entrée lui permettant d’accéder à la culture chinoise.
Du manuscrit à l’album. Combien de temps faut-il pour mettre un album au monde ? Environ six mois s’écoulent entre le choix du texte et la sortie du livre en librairie.
À combien d’exemplaires imprimez-vous vos albums ? Ce chiffre est variable selon les titres, et il est aussi appelé à évoluer prochainement à mesure que notre réseau de diffusion s’étoffe.
Face aux " grands éditeurs jeunesse ", qu’elle est votre politique commerciale ? Identifier la " niche " dans le marché du livre, pour mieux proposer aux lecteurs ce qu’ils ne trouvent pas chez les grands.

Nous sommes conscients de la belle qualité de production des éditions jeunesse bien établies en France ; certaines d’entre elles sont d’ailleurs parfaitement qualifiées pour présenter la culture chinoise au public français selon un mode commercial bien huilé. Dans tout cela, HongFei Cultures affiche sa singularité : l’expérience de la culture chinoise qu’elle crée et partage avec le lecteur ne se résume pas à un style plastique qu’on reconnaîtrait au premier coup d’œil et apparenté à la Chine traditionnelle (ou à l’idée qu’on s’en fait), ni à l’attrait folklorique des contes vaguement chinois. La culture chinoise, conjuguée avec celle française, est présente dans chaque étape de la conception des albums de HongFei Cultures, y compris dans la manière de lire un texte ou regarder une image. L’expérience nous montre que le lecteur y est sensible, dès lors que nous avons la possibilité de les rencontrer et les accompagner dans cette découverte.
Pour réaliser cette rencontre avec le public, nous reconnaissons ici l’importance des prescripteurs pour l’existence et le développement d’une petite et nouvelle maison d’édition comme la nôtre. Nous devons accrocher le regard, l’attention et l’intérêt des prescripteurs et cela ne peut être que le fruit d’une production éditoriale (les livres sont nos cartes de visite) et de temps, celui nécessaire aux rencontres en librairie (par le biais d’un diffuseur ou à l’occasion d’un passage de l’éditeur), à l’occasion de salons, de fêtes du livre, ou de toutes autres manifestations propices au contact.
Que trouvez-vous difficile dans le métier d’éditeur ? Le métier d’éditeur exige qu’on soit " juste " dans sa proposition éditoriale : savoir proposer une lecture originale sans verser dans l’élitisme ; savoir parler au grand nombre tout en gardant sa spécificité, avec une touche d’humour. Ce n’est peut-être pas de la difficulté, mais sûrement un défi à prendre au sérieux.
Il est aussi important de trouver et fidéliser notre lectorat, de ne pas le décevoir, et de toujours lui offrir mieux que ce qu’il peut attendre de nous. Un lectorat important et stable est vital à notre existence d’éditeur. Nous y travaillons très dur, tous les jours.
(Image extraite de "Yllavu" Gambhiro BHIKKHU et Samuel RIBEYRON )
Depuis votre lancement quelle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ? Nous avons deux raisons majeures de satisfaction : la première tient dans la réception enthousiaste d’un public certes encore restreint, mais parfaitement sensible et conquis à notre démarche (rapprocher les gens par la Culture). Oui, en dehors des sentiers convenus pour découvrir une " Chine éternelle " ou folklorique, comme les médias nous y invitent hélas trop souvent par leurs images d’Épinal, nous rencontrons des lecteurs qui nous soutiennent. Qu’ils en soient remerciés ici.
La seconde satisfaction tient dans l’épanouissement personnel et professionnel que nous avons pu réaliser pour nous-mêmes et pour nos collaborateurs. Malgré les pressions d’ordre organisationnel et financier liées à notre activité dans un secteur très concurrentiel, nous avons rencontré des partenaires et des talents formidables depuis la création de HongFei Cultures. Et lorsqu’un illustrateur nous exprime sa joie parce qu’il s’est surpassé dans sa capacité d’artiste en réalisant le projet avec HongFei Cultures, nous sentons que tous nos efforts d’accompagnement à ses côtés sont justifiés et récompensés.
Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ? Notre actualité d’automne est double : tout d’abord la sortie d’un nouveau titre, Pi, Po, Pierrot dans la collection " Belle Île Formosa " (pour enfant à partir de 6 ans). Un superbe album dont le texte riche et discret de Chun-Liang YEH est magnifiquement illustré par Samuel RIBEYRON (qui illustrait déjà Yllavu pour nous il y a un an). La seconde actualité est la création d’une nouvelle collection intitulée " Cœur vaillant " accueillant des " contes minuscules, tout mignons tout tendres " destinés aux enfants de 3 à 6 ans. Gaëlle DUHAZÉ et Selma MANDINE ont chacune accepté d’illustrer l’un des deux premiers titres Mûres mûres et Pince-cœur adaptés de textes de la Chine ancienne.
Sur quel projet travaillez-vous actuellement ? Outre les prochains titres des deux collections citées ci-dessus, nous travaillons très activement à une troisième collection à naître au printemps 2009, pour des lecteurs préadolescents. Intitulée " Caractères chinois ", elle accueillera des textes d’auteurs chinois traçant des histoires extraordinaires et des caractères enchanteurs.
Dans cinq ans, comment voyez-vous votre maison d’édition ? Nous la voyons d’abord toujours vivante (durable économiquement). Ensuite nous la voulons fidèle à son engagement initial en termes de relations authentiques avec ses auteurs, illustrateurs et lecteurs. Enfin nous la souhaitons ouverte avec de nouvelles collections accueillant des textes et des images, pas uniquement de la France et la Chine, mais aussi d’autres pays d’Europe et d’Asie, dans une dynamique de rencontres interculturelles.
Avec quels auteurs ou illustrateurs aimeriez-vous travailler ? La sagesse chinoise veut qu’on en parle après l’avoir réalisé. La priorité pour nous est de nous hisser à leur hauteur pour qu’une collaboration soit possible.
Vous déplacez-vous dans les salons et festivals jeunesse ? Oui. Participer à ces évènements est sans aucun doute une manière très efficace de travailler à la notoriété d’une maison, à sa visibilité et surtout de progresser dans notre activité grâce à l’observation en direct de la réception de nos ouvrages par les visiteurs-lecteurs.

Par ailleurs, nous sommes nous-mêmes, avec quatre autres personnes, fondateurs d’une association Asie en Lumières et organisateur du premier salon des littératures asiatiques en France : un rendez-vous autour des lanternes pour ouvrir des livres et s’ouvrir aux cultures d’Asie (le 31 janvier 2009, à Lognes, dans la ville nouvelle de Marne-la-Vallée).
Une phrase (une devise) qui vous guide : " L'homme honorable rassemble autour de lui des amis grâce à sa culture, et les amis le renforcent dans la vertu d'humanité. " [Zengzi, extrait des Entretiens de Confucius]
Selon vous, qu’est-ce qui fait un bon éditeur ? Un bon éditeur est celui qui fait tout pour qu’un auteur/illustrateur et un lecteur se rencontrent, pour leur enrichissement mutuel. Un bon éditeur est difficile à satisfaire : par exemple, concernant l’auteur/artiste, il ne se satisfait pas du " bon ". Il exige que celui-ci se surpasse. Un bon éditeur a la conscience que l’invention géniale du papier et de l’imprimerie doit être au service d’une création digne d’être imprimée et diffusée. Un bon éditeur se réjouit du bonheur du lecteur qui ignore souvent son existence ou la nature exacte de son acticité, car son effort passe (et doit passer) inaperçu.
Quel livre, en littérature jeunesse, auriez-vous voulu éditer à la place d'un autre ? La belle et la bête, illustré par Nicole CLAVELOUX dans ses deux versions (éd. Être, 2001 et éd. Eden, 2003 ; les amateurs reconnaîtront). J’aurai aussi aimé créer la collection " Histoire sans parole " des éditions Autrement. Quant à Chun-Liang, il est très admirateur de Bébés Chouettes (par Martin WADDELL et Patrick BENSON, Walker Books) et Pingouin (par Polly DUNBAR, Walker Books).
Un petit mot pour la fin ? Bonne lecture, au-revoir et à bientôt.
Votre Site et/ou Blog : Le site officiel des éditions ; le blog de Loïc et le blog de Chun-Liang (en chinois)
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Commentaires
Merci Ezra! Elle a une aire trés riche!
Écrit par : ojni | 25 octobre 2008
Répondre à ce commentaireBravo à Ezra et HongFei Cultures de nous faire partager tout cela!
Écrit par : millypuce | 26 octobre 2008
Répondre à ce commentaireÉcrit par : Choumie | 26 octobre 2008
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