03 novembre 2008

Carte Blanche à Jean-Sébastien BLANCK

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Votre nom et le nom de votre maison d’édition ? Jean-Sébastien BLANCK, Alzabane éditions.

3966169.jpgEn quelques mots décrivez-nous votre parcours professionnel ? J’ai été 10 ans journaliste reporter en presse quotidienne, puis responsable éditorial d’une agence de communication.  Mais depuis le plus jeune âge, j’étais surtout auteur de nouvelles et contes. J’ai décidé dès l’âge de 17 ans de créer un jour une maison d’édition publiant des textes illustrés, en commençant par les miens. J’ai attendu de réunir les compétences pour le faire.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir devenir éditeur ? Auteur de contes et nouvelles depuis l’âge de 12 ans, j’avais le désir de créer moi-même les livres, et d’encadrer les différentes étapes de leur création (illustration papier, format, mise en page, etc.) mais aussi de leur diffusion. Au projet d’écriture s’est ainsi immédiatement ajouté le projet d’édition, pour mes histoires mais aussi pour celles que je trouverais sur mon chemin, d’autres auteurs.

Depuis quelle année existe votre entreprise ? Juin 2007.

Comment est née votre maison d’édition ? Avant le lancement, six mois de travaux préparatoires des premiers livres ont été nécessaires. Nous avons également longuement préparé le site internet, vitrine indispensable des livres comme de la maison. C’est un site qui est à l’image, de l’univers que nous souhaitons proposer : féerique.

untitled copy.jpgQue signifie le nom de votre maison d’édition ? Est-il en rapport avec votre ligne éditoriale ?Alzabane un nom inventé, mais dont la sonorité rappelle l’univers des contes des 1000 et une nuits. Mais c’est également le personnage d’un des premiers livres parus, Alzabane l’Oiseau de la lune. Cet oiseau, qui vit dans une Terre de la nuit des temps, décide d’accomplir un rêve fou et normalement inaccessible : voler jusqu’à la lune.

Cette parabole est dédiée à tous ceux qui décident d’accomplir un rêve personnel qui paraît déraisonnable mais qui ancré en eux. L’accomplir, c’est s’accomplir soi même. La création de la maison d’édition est à cette image.

En quelques mots, comment décririez-vous l’univers de votre maison d’édition ? Il est très bien résumé par les deux mots de notre première collection, pour les 8-12 ans, : " Histoires d’en rêver ". Nous voulons des histoires, qu’il s’agisse de contes, fables et nouvelles, peu importe l’étiquette! Avec ces histoires, nous voulons du rêve et de l’imaginaire. Ce rêve doit avoir une profondeur et nous renvoie toujours à des notions de notre monde ou de notre vie. Sur le plan littéraire, c’est une maison d’édition pour les jeunes amoureux du mot. Il y en a !

Combien de personnes participent à cette aventure ? Pour la réalisation de chaque livre, au moins une vingtaine de personnes sont impliquées, de près ou de loin. de l’auteur à l’illustrateur, en passant par la Direction artistique, le Directeur de fabrication, l’imprimeur etc. A cela il faut ajouter les diffuseurs, la webmaster, ou encore les conteuses qui interviennent avec l’auteur en classes.…

Comment commercialisiez-vous vos ouvrages ? Nous faisons appel à un diffuseur pour la France qui est en fait une autre maison d’édition jeunesse : les éditions du Jasmin. Nous faisons également appel à un diffuseur pour la Belgique. (LARC diffusion). Par ailleurs, nos livres font l’objet d’interventions en classes fin de primaires et début de collèges, ce qui permet d’asseoir leur notoriété. Par ailleurs, nous sommes très présents sur les salons. Enfin, pour ceux qui ne fréquentent pas les librairies ou les médiathèques, nous proposons une boutique sur le site.

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Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ?  SA QUALITE ce autant sur la forme ( couverture, illustrations bien sûr, papier, format,mise en page) que sur le fond. Pour le texte, nous cherchons autant à faire rêver que donner à penser. Il doit offrir une profondeur et plusieurs degrés de lecture pour des âges différents. Un livre qu’on retient est un livre qui nous parle en notre for intérieur, à différents âges. Ca ne peut pas n’être qu’une jolie histoire. Pour la forme, nous donnons beaucoup de soin par exemple au façonnage de nos livres, au choix du papier, à la reliure cousue ou encore au pelliculage de la couverture. Nous voulons des livres agréables à l’œil comme au toucher et à la prise en main.

Comment avez-vous rencontré les illustrateurs avec qui vous avez travaillé ? Par  appel à candidature. Nous présentons le type de textes à illustrer et le type de graphisme que nous imaginons. Les illustrateurs envoient leur book. Nous faisons une pré sélection en demandant des crayonnés. Nous avons beaucoup travaillé avec des illustrateurs argentins souvent proche de l’univers du fantastique et de la bande dessinée adulte.

Racontez-nous comment se déroulent vos relations avec les auteurs/illustrateurs. Nous avons volontairement créé une interface entre l’illustrateur et l’éditeur. C’est la Direction artistique qui joue ce rôle et permet plus facilement à l’illustrateur d’apporter son imaginaire, d’apporter des contre-propositions, voire de s’opposer (de manière constructive) à l’éditeur en proposant d’autres choix.

Il est essentiel – mais très difficile aussi- de mettre en place cet équilibre entre part de liberté, et encadrement de l’éditeur.Pour l’auteur, celui-ci envoie un manuscrit court, retravaillé ensuite selon des demandes. Toutes modification est validée par l’auteur mais il doit accepter de modifier son projet si cela reste dans des proportions raisonnables.

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Comment choisissez-vous les projets que vous allez éditer ? Nous les choisissons un an à l’avance. Il y a une foule de critères difficile à résumer. L’idée est de ne pas se répéter tout en restant harmonieux avec la production précédente. Nous cherchons à offrir une diversité d’univers dans la même collection mais à ne pas détoner non plus…C’est en tous cas un choix très très réfléchi puisque nous produisons relativement peu (mais bien)…

Du manuscrit à l’album. Combien de temps faut-il pour mettre un album au monde ? Huit mois environ.

À combien d’exemplaires imprimez-vous vos albums ? 2000 exemplaires.

Face aux " grands éditeurs jeunesse ", qu’elle est votre politique commerciale ? C’est une question qui pour nous, ne se pose pas.  Nous nous ne considérons pas " face aux grands éditeurs jeunesse ". Nous ne faisons pas la même chose, nous n’avons pas les mêmes objectifs, nous n’avons pas les mêmes structures, ni les mêmes contraintes économiques. Nous ne sommes pas diffusés et distribués de la même manière. Nous n’avons pas le même rapport aux libraires et au public.  Chacun est à sa place. Nous croyons vraiment à la noblesse de " petit éditeur " Alzabane éditions n’est pas un petit éditeur dont l’objectif est de devenir un " grand éditeur ". Notre objectif est de pouvoir faire ces livres dont nous rêvons. Nous ne visons pas des tirages à la " Harry Potter "…

Que trouvez-vous difficile dans le métier d’éditeur ? Devoir assumer une multitude de casquette.Pour ma part, à celle d’éditeur, j’avais en effet celle de premier auteur, casquette qui va peu à peu commencer à se faire moindre grande…

Depuis votre lancement qu’elle a été votre plus grande satisfaction professionnelle ? L’accueil du public, que nous pouvons juger notamment dans les salons du livre. Face à nos livres, il est très sincèrement très ,très, très enthousiaste et il nous communique cet enthousiasme. Ce sont des encouragements très forts. Dès lors, poursuivre l’aventure est devenue une évidence…

Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ? Nous venons deux publier ce 5 novembre 2008, deux recueils de deux histoires chacun, dans la collection " Histoires d’en rêver ":

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Il s’agit du sixième livre de Jean-Sébastien Blanck. Cette fable romantique propose un texte particulièrement poétique et merveilleux, légèrement teinté du registre des fabliaux du Moyen âge. Comme à l’accoutumée, il s’agit aussi d’une parabole : Un matin d’automne, celui où dans les forêts, tombent les feuilles, une jolie feuille rousse attend de chuter pour rejoindre ses congénères. Comme les autres, elle attend le Vent qui doit venir la chercher et la porter. C’est un jeune Vent, très inexpérimenté, qui se présente.. 

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Tous deux charmés l’un par l’autre, ils décident finalement de voyager de par le monde. Leurs aventures sont magnifiques et dignes du plus bel amour...Mais peu à peu, le jeune vent fait la rencontre de grands vents qui lui proposent d’apprendre à souffler enfin comme un grand vent. Peu à peu, le jeun Vent devient plus fort et puissant et finit par en oublier qu’il porte sa petite feuille…Cette histoire, rappelle avec poésie et tendresse que malgré le tourbillon de la vie et des rencontres, nous ne devons jamais perdre de vue, celle, celui, ou ceux,qui nous aiment vraiment…Dans la plus pure tradition de la collection, le style et le vocabulaire de ce livre ont été particulièrement travaillés…

Cette histoire est suivie de Goliath, une histoire fantastique d’un vieux chat, vivant dans un manoir délabré. Il dort quand soudain, un ennemi invisible se fait entendre…

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Il appelle à lui tous les anciens sujets de sa cour, arbres, vents et oiseaux, mais le vieux roi, faible et ankylosé, se voit abandonné par tous…Cette fable est tendre et humoristique. Elle montre à travers l’histoire de ce vieux matou - ancien roi et tyran, - que les êtres ne sont jamais ni totalement bons, ni totalement mauvais. Et que les vrais ennemis ne sont pas toujours ceux que l’on croit..

8.jpgCe livre est illustré par Manuel Purdia qui réalise là son deuxième livre avec Jean-Sébastien Blanck dans la collection " Histoires d’en rêver ". Tous deux avaient signé l’un des succès de la collection, " L’Un et L’Autre " fable tragi-comique d’un marronnier et d’un châtaignier se détestant….

Le second titre est Le Porteur de bonnes nouvelles, suivi de Coté jour, Coté nuit. Ce livre marque l’ouverture de la collection à un second auteur, Cathy Dutruch. Il est illustré par Agnès Kellenberger, qui publie son second ouvrage jeunesse.

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Aux temps de Constantinople, de ses sultans et des ses princesses, le peuple se réveillait chaque matin aux cris d’un homme replet et réjoui…C’était le Porteur de bonnes nouvelles ! Mais un jour, il vint à disparaître et avec sa disparition, commença le temps des malheurs et de la tristesse pour toute la Cité….Ce conte qui rappelle les 1000 et nuits, propose une parabole sur la proximité du bonheur et du malheur…Il rappelle que malgré tout, le bonheur n’est jamais très loin de revenir à condition de savoir l’écouter, et de laisser parler…

Avec " Coté jour, Côté nuit ", Cathy Dutruch propose une autre parabole très poétique, mais aussi très humoristique : un peintre avait construit sa maison entre le jour et la nuit, refusant de devoir choisir entre l’un ou l’autre. L’Inspecteur du Temps qui passe, mais aussi tout le voisinage l’incite à choisir. Mais pourquoi choisir un monde ou noir, ou blanc … ?

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Sur quel projet travaillez-vous actuellement ? Plusieurs livres de la collection Histoires d’en rêver mais aussi, deux autres collections de nouvelles illustrées dont " Histoires d’en penser " pour les 12- 15 ans.

Dans cinq ans, comment voyez-vous votre maison d’édition ? Pas forcément importante en personnel, chiffre d’Affaire et nombre de titre au catalogue. Nous revendiquons avec fierté un travail de " petit éditeur ", à la production limitée mais de qualité et originale. Nous ne cherchons pas de volume. C’est d’autant moins notre objectif que notre ligne éditoriale ne correspond – idéalement - qu’à un un public limité, à savoir proposer des textes assez adultes à des lecteurs et lectrices- à partir de 9-10 ans, qui manifestent déjà une sensibilité littéraire et un certain appétit des mots et globalement de la poésie.

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En revanche, nous espérons être bien installés dans le paysage de l’édition jeunesse afin de défendre cette même ligne éditoriale, qui nous tient très à cœur.  On dit avec raison que les livres jeunesse peuvent être lus par des adultes. Nous disons que des livres adultes peuvent aussi être lus par des jeunes, à condition de les adapter.

12.jpgAvec quels auteurs ou illustrateurs aimeriez-vous travaillé ? Paradoxalement, nous penchons plus pour des auteurs et illustrateurs adultes capables d’écrire pour la jeunesse. Nous voulons privilégier par ailleurs des " découvertes " et " coups de cœur ", comme récemment Agnès Kellenberger Valeille, qui a illustré " Le Porteur de bonnes nouvelles, suivi de Côté jour, Côté nuit "

Vous déplacez-vous dans les salons et festivals jeunesse ? Nous sommes actuellement en tournée de présentation d’Alzabane éditions et nous avons déjà participé à une vingtaine de salons depuis 8 mois. Nous participerons à une vingtaine d’autres dans les prochains mois.

Une phrase (une devise) qui vous guide :  On ne va jamais si loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va (Christophe Colomb)

13.jpgSelon vous, qu’est-ce qui fait un bon éditeur ? Sur le plan purement éditorial, à mon avis, deux choses : Avant tout, le plaisir de raconter une histoire… Il faut savoir se placer dans la peau d’un lecteur et faire le livre comme si on lui racontait l’histoire... L’éditeur doit avoir autant envie du livre que le lecteur qui l’achètera.  La deuxième chose est…l’inverse : l’éditeur doit aussi s’affranchir de son public. Il doit chercher à le surprendre. Prendre des risques avec des illustrateurs, des auteurs, des mises en pages…C’est cela qui est le plus difficile. En effet, on sait, ou on croit savoir, ce qui fonctionne, notamment après qu’un ou plusieurs livree aient connus un succès. Et la tentation est très grande de recommencer…Mais se répéter ne marche jamais.

Quel livre, en littérature jeunesse, auriez-vous voulu éditer à la place d'un autre ? Sans hésitation : Les fables de La Fontaine ! Mais au fait, est-ce " jeunesse " ou pas ?

Un petit mot pour la fin ? Ecoutons nos rêves, surtout les plus fous. Et mieux, n’ayons pas peur de le réaliser, ou au moins d’essayer… !

Votre Site et/ou Blog : http://www.alzabane-editions.com/ Je vous recommande d’y visionner nos bandes annonces musicales de nos livres. C’est une façon très originale de découvrir la magie de nos livres…On peut aussi les feuilleter et même découvrir les avis des lecteurs… !

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